Mediapart, un média en ligne, intègre les fonctionnalités du web 2.0. Son titre, souligne Wikipédia, ramène à la fois à un “média à part”, et à un “média participatif”. Créé notamment par un ancien du Monde, Edwy Plenel, Mediapart se veut à la fois un journal de référence et de qualité (le journal en lui-même), une interface pratique et agréable permettant une lecture aisée (la navigation entre les différents articles), et une plateforme interactive (”le club”) où son lectorat peut participer à l’information.
En premier lieu, le site propose une vidéo expliquant en quoi consiste Mediapart, une fonctionnalité typique du web 2.0. Ce site, qui donne notamment la possibilité à ses lecteurs de laisser des commentaires sur les blogs des journalistes, se veut participatif. Les lecteurs peuvent également collaborer en ligne en co-écrivant des articles ou participer à des forums de discussions.
En clair, Mediapart, explique Wikipédia, se compose de deux parties: le journal et le club. Le premier est tenu par des journalistes professionnels, tandis que le second est ouvert au public, les internautes. L’encyclopédie en ligne souligne aussi que le “pari de Mediapart est de faire cohabiter rigueur journalistique et stimulation citoyenne” avec pour but d’en faire “le journal de ses lecteurs”.
La partie journalistique pure contient les rubriques classiques telles que l’international, le national, l’économie, la culture, etc. Y sont produits les articles de fond des journalistes du média. A cela s’ajoute, en matière de web 2.0, les liens tels que les vidéos, les photos, les hyperliens, les archives, les articles reliés, la “boîte noire” etc. Le tout est classé et hiérarchisé pour éviter de se retrouver englué dans un flux où tout n’est classé que par date de parution la plus récente et non par pertinence ou importance de l’inforamation.
La partie journalistique contient également une revue du web, construite par les journalistes qui vont puiser dans le web ce qu’ils estiment pertinent pour faire une revue des meilleurs articles, vidéos, photos sélectionnés par Mediapart. Il est aussi possible d’obtenir une version imprimable du journal.
La partie club est centrée sur le lecteur-internaute. C’est l’espace dédié aux adhérents. Ils peuvent y écrire sur des blogs ou sur des éditions participatives. Sur cet interface, les priorités s’inversent, nous explique Mediapart dans l’une de ses vidéos de présentation: le journal est dans une colonne de moindre importance à gauche (pour que l’on puisse y accéder sans changer de fenêtre ou d’onglet) et l’espace club est en grand au centre.
Tout le monde peut y participer, à condition de s’inscrire. Ce qui constitue une sorte de sécurité, un rempart. Avant de pouvoir écrire, l’étape de l’inscription peut refroidir un lecteur qui voudrait juste pousser un coup de gueule. La partie club est en revanche lisible par tous, pas besoin d’être abonné ou de s’inscrire.
Mediapart sélectionne les billets en fonction de leur pertinence ou de leur originalité. L’internaute-lecteur peut donc, sur le site de ce journal, participer à l’information par le biais de blogs ou de journaux participatifs. Il peut également, dans la partie journal, laisser des commentaires sur les articles des journalistes professionnels.
Il n’est rien dit sur les vidéos de présentation ou sur le site de Mediapart, a priori, sur la présence d’un administrateur ou d’un modérateur qui lirait les billets avant qu’ils ne soient publiés. Rien non plus n’a été trouvé quant aux droits d’auteur des participants au club, ni sur Mediapart ni sur Wikipédia. Peut-être que celui qui s’inscrit pour participer au club reçoit-il des conditions d’utilisation.
L’accès n’est cependant pas totalement libre. Le lecteur doit s’acquitter d’un abonnement s’il veut avoir accès aux articles en leur entier. Il faut donc évoquer ici le modèle économique choisi par les créateurs de Mediapart. Comme l’explique le journal dans une de ses vidéos de présentation, l’un des buts des créateurs était de pouvoir publier un journal indépendant à la fois du pouvoir économique et du pouvoir politique. Raison pour laquelle d’ailleurs il n’y pas de publicité sur le site.
Sur le papier (!) et en regardant les vidéos de présentation fournies par Mediapart, ce site semble “parfait” du point de vue des fonctionnalités du web 2.0. Quelques critiques toutefois sont visibles sur le net. Nicolas Kayser-Bril estime, dans un article intitulé “Mediapart, un succès?” publié sur le site de “L’Observatoire des médias”, qu’il ne s’agit que d’une version internet d’un journal classique. Pour lui, la partie “club” ne sert qu’à faire croire aux lecteurs qu’ils participent à l’information. Des lecteurs de cet articles se plaignent eux que le site ne propose pas de flux RSS.
Toutefois, si l’on compare Mediapart à Rue89, autre journal en ligne créé également dans un souci d’indépendance économique et politique, cette fois par des anciens de Libération, au niveau des fonctionnalités, Mediapart ne pâlit pas trop de la comparaison.
Au niveau de l’actualité journalistique “pure”, deux choses sont à signaler. Primo, les articles de Rue89 sont libres d’accès, contrairement à ceux de Mediapart, alors que Rue89 est aussi vierge de publicité. Secundo, Rue89 propose un flux RSS, ce que ne fait pas Mediapart. Rue89 propose aussi une Newsletter.
Côté interactivité, Mediapart semble beaucoup plus facile d’accès et plus centré sur le lecteur que Rue89, rien que dans son approche, ses explications et sa présentation. Toujours est-il que n’ayant pas expérimenté ces fonctionnalités pour ces deux médias, impossible de si à leurs usages respectifs sont convivial, aisé, pratique ou au contraire fastidieux.
Toujours est-il qu’à première vue, l’interface interactive proposée par Mediapart, la place qu’il donne au lecteur et les possibilités de collaboration en ligne, les possibilités participatives semblent vraiment intéressantes. De plus, la partie “club” permet au lecteur de prendre connaissance de points de vue autres que ceux des journalistes, parfois créatifs, parfois énervants, parfois amusants.
S’il fallait créer un journal à partir des connaissances acquises lors du cours d’Introduction aux technologies de l’information et de la communication et à partir de cette étude de cas, je mettrais en place plusieurs éléments.
Primo, je gagne à l’Euromillions pour assurer l’indépendance économique de mon journal et éviter ainsi toute publicité polluante sur mon site. Secundo, l’accès aux articles est gratuit, histoire de ne pas décourager le lecteur curieux qui a “atterri” sur mon site.
Tertio, d’un point de vue plus pratique, pour que ce dernier “atterrisse” sur mon site, je tague “à fond” mes articles. Quatrièmement, je permets aussi à mon lecteur de réagir à ce qui a été écrit sur le site, mais j’engage un modérateur, un administrateur et j’effectue un sérieux contrôle afin d’éviter tout dérapage verbal.
Ensuite, tout comme Rue89 et Mediapart, j’ouvre une partie de mon journal à mes lecteurs, afin qu’ils puissent faire part de leurs points de vue, publier des informations autres que les miennes, apporter des “scoops”, voire être des leaders d’opinion (j’imagine que ceux-là ont leur propre blog ou sont eux-mêmes journalistes…). Toujours avec un modérateur, évidemment.
Je tenterais de créer un lien entre la partie journalistique et la partie participative, en faisant par exemple interagir un journaliste et un internaute sur un sujet qu’ils traitent tous deux. Ou je demanderais à l’un de réagir aux articles de l’autre et vice-versa.
Pour revenir à la technique, j’inclurais un flux RSS. Il y aurait aussi un moteur de recherche pour retrouver facilement des dossiers, des articles. La structure du site serait moins chargée que celle de Rue89, par exemple, où il faut beaucoup scroller pour trouver l’information. Il y aurait toutefois entre autres des vidéos à voir, de la musique pour les critiques de CD, des photos, des liens internet, une liste de blogs liés à l’information jugés pertinents et de qualité.
Je proposerais également un site de socialisation du type Facebook où les intérêts des groupes seraient entièrement dédiés à l’information et où les membres auraient la possibilité de mettre en place des dossiers, des définitions, des éditoriaux traitant de l’actualité, le tout classé dans un interface du type Wikipédia. On y retrouverait à la fois les archives du média, les liens pertinents dégotés par les journalistes ou les adhérents, les dossiers créés par les deux ou l’un ou l’autre, les photos, vidéos et articles y relatifs.
Crédits photos: Mediapart
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